Parmi toutes les plantes aromatiques de la Méditerranée, le romarin occupe une place à part. On le croit simple, presque ordinaire, tant il pousse partout. Aussi bien sur les collines brûlées de soleil, dans les jardins secs ou au bord des chemins. Et pourtant, derrière ses petites feuilles persistantes et son parfum résineux, se cache une plante dont l’histoire traverse les siècles.
Le romarin, Rosmarinus officinalis, signifie littéralement « rosée de mer ».
Un nom poétique, né de sa capacité à prospérer dans les embruns et les sols pauvres. Les Grecs l’associaient à la mémoire et à la clarté d’esprit ; les étudiants en glissaient même dans leurs cheveux avant les examens. Les Romains, eux, le brûlaient lors des cérémonies pour purifier l’air. Et au Moyen Âge, il entrait dans les fameuses « eaux de la reine de Hongrie », l’un des premiers parfums alcoolisés d’Europe.
Aujourd’hui encore, le romarin continue de surprendre
En cuisine, il parfume viandes, légumes, huiles et pains. Par ailleurs, en cosmétique il est apprécié pour ses propriétés tonifiantes. En phytothérapie, on lui prête des vertus digestives et stimulantes. Et dans les jardins, il est l’un des champions de la résistance : il supporte la sécheresse, le vent, la chaleur, et attire les pollinisateurs.
Le romarin, plante aromatique ou véritable outil thérapeutique ?
Mais ce qui fascine le plus, c’est peut‑être sa dualité : une plante robuste, presque indestructible, qui dégage pourtant un parfum subtil et complexe. Une herbe du quotidien qui porte en elle un héritage millénaire.
Le romarin n’est pas seulement une aromatique : c’est un symbole de mémoire, de force et de lumière méditerranéenne. Une plante humble, mais jamais banale.






























