La consommation de médicaments explose dans l’Hexagone, Bilan 2026

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La France reste en 2026 l’un des pays européens où la consommation de médicaments demeure particulièrement élevée. Les données publiées par l’Assurance Maladie montrent une dynamique toujours soutenue : 27,2 milliards d’euros de médicaments ont été remboursés en 2024, avec 41 boîtes par assuré en moyenne. Cette tendance, prolongée en 2025 et projetée pour 2026, s’explique par plusieurs facteurs structurels, culturels et économiques.

World View – Reportage : Pourquoi la France consomme trop de médicaments ?

 La première raison tient à la forte médicalisation de la société française.

Le système de santé repose sur un accès large, rapide et remboursé aux traitements. Les consultations sont fréquentes, les prescriptions nombreuses, et la confiance envers les médicaments reste très élevée. Les analyses de l’Observatoire de la consommation en santé confirment une progression continue des actes médicaux et des traitements associés, portée par une population vieillissante et par l’augmentation des maladies chroniques.

La deuxième explication concerne l’évolution du marché pharmaceutique.

Les chiffres 2026 montrent un basculement des dépenses vers des traitements plus coûteux, notamment dans les domaines de l’oncologie, de l’immunologie et des maladies rares. Même si les volumes globaux progressent peu, la valeur des prescriptions augmente fortement. Cette mutation renforce l’impression d’une consommation massive, alors qu’elle reflète surtout une montée en puissance des innovations thérapeutiques.

La troisième dimension est culturelle.

Les Français restent attachés à une logique de traitement plutôt qu’à une logique de prévention. Les campagnes de sensibilisation menées par la CNAM en 2025 et 2026 visent justement à réduire les prescriptions inutiles et à encourager des pratiques plus responsables.

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Enfin, les psychotropes et anxiolytiques continuent d’être largement utilisés, comme le rappelle l’OFDT dans ses chiffres clés 2025. Notamment en confirmant une dépendance structurelle à ces molécules dans certaines franges de la population.

En 2026, la France ne consomme donc pas seulement « beaucoup » de médicaments : elle consomme différemment. En l’occurrence, sous l’effet combiné du vieillissement, de l’innovation et d’une culture médicale profondément ancrée.

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