L’Organisation mondiale de la santĂ© estime que 80% de la population ouest-africaine se rĂ©fĂšre aux guĂ©risseurs mystiques traditionnels pour les soins de santĂ© primaires. Pour de nombreuses personnes dans ces pays, c’est le seul accĂšs disponible et abordable Ă l’assistance sanitaire.
Le Burkina Faso se classe dans la note la plus basse de l’indice de dĂ©veloppement humain, 183 sur 189 pays, en raison de la pauvretĂ© Ă©conomique, de l’analphabĂ©tisme (70% de la population) et de la sĂ©cheresse.
Dans une rĂ©gion oĂč la frontiĂšre entre la mĂ©decine et le mysticisme est mince, consulter un guĂ©risseur est chose courante.Â
Les guĂ©risseurs mystiques traditionnels disent qu’ils sont souvent accusĂ©s d’ĂȘtre des sorciers.
Ă l’origine, les sorciers Ă©taient consultĂ©s pour chasser les mauvais esprits qui auraient Ă©tĂ© jetĂ©s sur quelqu’un par des sorciĂšres, mais depuis l’Ă©poque coloniale, le mot a pris un sens pĂ©joratif et est utilisĂ© pour dĂ©signer les personnes qui jettent des sorts Ă des fins perverses et crĂ©ent des potions mortelles.Â
« Le problĂšme est la mauvaise interprĂ©tation de ce qu’est un sangoma. Un sangoma n’est pas une sorciĂšre – un sangoma est pur et fait du bien. Les gens en raison de leur manque de connaissances pensent que les sorciers, les sorciĂšres et les sangomas sont tous la mĂȘme chose et ils ne le sont pas. »
L’autre distinction est que les guĂ©risseurs traditionnels utilisent des herbes, des plantes et des peaux d’animaux dans les muthi (mĂ©dicaments), alors que les sorciers utilisent Ă©galement des parties du corps humain, ce qui signifie qu’ils sont parfois impliquĂ©s dans des meurtres.
Les sangomas croient qu’une maladie physique persistante est souvent la manifestation d’un bouleversement spirituel et ils doivent d’abord y remĂ©dier, puis ils sont guidĂ©s par les ancĂȘtres sur ce qu’est la maladie physique et sur la meilleure façon de la traiter, en utilisant la mĂ©decine traditionnelle.
Mais vous avez aussi des personnes qui se spĂ©cialisent uniquement dans les maladies physiques, connues sous le nom d’herboriste, inyanga en zoulou.
Une partie de la confusion sur les sangomas et l’inyanga provient des nombreux guĂ©risseurs de charlatans opĂ©rant dans tout le pays, qui annoncent des remĂšdes pour toutes sortes de maladies, des potions pour augmenter la taille du pĂ©nis, assurer le succĂšs en amour ou en affaires ou parfois pour assurer la chute de votre ennemi.
MalgrĂ© ses nombreuses annĂ©es d’existence, cette industrie reste non rĂ©glementĂ©e et aucun organisme ne supervise les quelque 200 000 praticiens, contre 38 236 mĂ©decins.
Cela fait partie du problĂšme, selon le Conseil de la recherche mĂ©dicale, qui a rĂ©cemment créé l’UnitĂ© des systĂšmes de connaissances autochtones pour aider Ă rĂ©diger des politiques qui profiteraient Ă ceux de ce secteur.
Des organisations telles que l’Organisation des guĂ©risseurs traditionnels tentent depuis des annĂ©es de lĂ©gitimer la pratique et de la tenir au mĂȘme titre que la mĂ©decine occidentale. Certains souhaitent mĂȘme que leurs services soient payĂ©s par une assurance mĂ©dicale.
Ils disent que le gouvernement doit mettre en place un registre national des sangomas crĂ©dibles et certifiĂ©s, avec des documents vĂ©rifiant leurs qualifications et dĂ©crivant leurs domaines d’expertise.
Le ministĂšre de la SantĂ© affirme qu’il y a beaucoup de travail Ă faire, mais il espĂšre que son Conseil des guĂ©risseurs traditionnels rĂ©cemment créé, dont le rĂŽle comprendra la maniĂšre dont les mĂ©decins occidentaux et les guĂ©risseurs mystiques traditionnels peuvent travailler ensemble, aidera Ă combler le fossĂ© entre les deux mondes.






























